À propos

Demain, j’étais ici : une ville en récits

Une œuvre audionumérique écrite et interprétée par des adolescents

Demain, j’étais ici est la création d’élèves du Centre d’excellence artistique de l’Ontario (Concentration écriture et création littéraire et Concentration théâtre) encadrés par leurs enseignants et des artistes professionnels.

Une production de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins et du Théâtre Catapulte en collaboration avec le Centre d’excellence artistique de l’Ontario, appuyé par le Département de théâtre de l’Université d’Ottawa.

Il fera beau demain

Si vous lisez ceci, vous n’êtes pas loin d’écouter ou d’avoir déjà écouté ce que les jeunes auteurs, autrices et interprètes ont pondu. Vous y découvrirez une parole libre, marquée par les temps difficiles que nous venons de traverser, mais aussi des paroles qui ne laissent aucun doute: Il fera beau demain.

Parmi ce qui s’est transformé pendant ces mois de confinement, il y a le regard jeté sur le territoire que nous habitons. Désormais, parcourir la ville, à pied, lentement, la plupart du temps seul, était devenu cet échappatoire, le moyen le plus sécuritaire de s’évader et de préserver ce qui restait de santé.

En se tournant vers ces paroles adolescentes, nous, Danielle Le Saux-Farmer et Simon L. Lalande, directions artistiques de Demain j’étais ici, jetons un regard neuf sur divers lieux dans la ville d’Ottawa et souhaitons offrir au spectateur, un moment d’échappatoire poétique au torrent d’actualités pandémiques.

Simon a eu l’idée de Demain j’étais ici à son retour au travail en tant qu’éducateur. Il été marqué par le besoin urgent chez les jeunes de raconter ce qu’elles.ils.iels avaient vécu dans la première vague. Et souvent, leurs péripéties étaient liées aux endroits extérieurs qui les avaient accueillis, soit seuls, soit avec d’autres membres de leurs bulles.

Alors que le milieu artistique a été mis sur pause, se questionnant tout à coup sur son utilité dans un monde paralysé et étouffé par la peur, nous avons aussi cherché à insuffler de l’espoir aux parcours des élèves du Centre d’excellence artistique de l’Ontario, en leur invitant à créer, en leur disant que l’art n’est pas mort et qu’il ne cessera jamais d’exister, même pendant une pandémie.

Dans ce balado, aucune thématique n’a guidé l’écriture, outre l’inspiration d’un lieu qui permet à l’imaginaire de divaguer. On y retrouve la liberté de raconter, de rêver de ces jeunes, et de rompre avec le silence et l’éloignement de cet isolement oh combien ardu. Il n’y a pas de scène pour accueillir des effets spéciaux; il y a la plume, les voix, la musique et les sons - une réalisation et un environnement sonore de toute beauté conçu avec soin et vision par l’artiste de la région Pierre Antoine Lafon Simard. Et pour une expérience audiovisuelle encore plus prenante, au-delà de la balade dans les lieux de la ville, Pierre Antoine a créé des vidéos impressionnistes composées d’images qui évoquent le sensoriel et l’émotion des récits.

Au nom de tous les artistes de ce projet, autant les professionnels que les adolescents, nous sommes si heureux de partager ce Demain avec vous.

- Simon L. Lalande et Danielle Le Saux-Farmer, et la rédaction d’Annie Cloutier

Genèse du projet

Demain j’étais ici est né au cœur de la pandémie de Covid-19 qui a modifié drastiquement les vies de tous. Le théâtre s’est ajouté à la très longue liste de ce qui, apparemment, n’est pas essentiel à la survie humaine. Le Théâtre Catapulte et les créateurs qui y sont attachés ont rapidement compris que si le lien privilégié qui les rattache aux adolescents était fragilisé, il devait être maintenu coûte que coûte.

C’est en rêvant à leurs nombreux parcours à pied dans la ville au printemps 2020, et en se questionnant sur le vécu des adolescents en confinement, que les créateurs Danielle Le Saux-Farmer et Simon L. Lalande ont eu l’idée qui allait mener à Demain j’étais ici.

Simon, un éducateur au primaire, s’imaginait entendre les voix et les récits que les jeunes avaient à raconter sur ce Grand confinement, et s’est inspiré d’un parcours déambulatoire sur lequel il avait travaillé dans un cadre universitaire. Quant à Danielle, elle cherchait des moyens de rejoindre un public adolescents alors que les salles de théâtre étaient fermées, et que les étudiants vivaient le yo-yo des cours en présentiel et de l’école à la maison.

Ce duo de création, appuyé de l’équipe du Théâtre Catapulte et de celle de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins, est donc allé à la rencontre des élèves du Centre d’excellence artistique de l’Ontario à l’école secondaire De La Salle. Les élèves de la concentration Écriture et Création littéraire ont eu pour mandat d’écrire un texte inspiré par un lieu de leur choix et qui provoque chez eux une émotion certaine. Libres de la forme que prendrait le texte, ils devaient toutefois tenir compte du fait que le texte était destiné à être enregistré et diffusé sous forme de balado. Au cours de leur processus d’écriture, ils ont eu droit aux conseils bienveillants de l’auteur professionnel Louis-Philippe Roy.

Une fois les textes terminés, les élèves de la Concentration Théâtre ont apprivoisé le micro pour tenter l’expérience de l’interprétation pour oreilles seulement.

Et aujourd’hui, sont lancés dans le vaste monde virtuel ces petits morceaux de créations, mixés et joliment décorés de musique par Pierre Antoine Lafon Simard, aussi concepteur des vidéos qui accompagnent l’écoute.