Demain, j’étais ici : document d’accompagnement pédagogique
Liste de contenu
Le projet
Demain, j’étais ici est un projet qui a été conçu et développé au cœur de la pandémie de Covid-19 qui a modifié drastiquement les vies de tous. Dans cette période d’adversité, le théâtre s’est ajouté à la très longue liste de ce qui, apparemment, n’est pas essentiel à la survie humaine. Le Théâtre Catapulte et les créateurs qui y sont attachés ont rapidement compris que si le lien privilégié qui les rattache aux adolescents était fragilisé, il devait être maintenu coûte que coûte. Car ce lien est précieux; le théâtre et, plus largement, la création constituent un espace où observer et interroger le monde dans lequel on vit. Demain, j’étais ici est une perche tendue aux adolescents pour qu’ils fassent l’expérience du pouvoir salvateur de la création dans cette époque où les questions sont souvent plus nombreuses que les réponses. C’est aussi une occasion à ne pas rater de les écouter, de les entendre.
Genèse
Parmi ce qui s’est transformé pendant ces mois de confinement, il y a le regard jeté sur le territoire que nous habitons. Désormais, parcourir la ville, à pied, lentement, la plupart du temps seul, était devenu cet échappatoire, le moyen le plus sécuritaire de s’évader et de préserver ce qui restait de santé. C’est en rêvant à leurs nombreux parcours à pied dans la ville au printemps 2020 que les créateurs Danielle Le Saux-Farmer et Simon L. Lalande ont eu l’idée qui allait mener à Demain j’étais ici.


Simon, un éducateur au primaire, a ressenti chez ses jeunes élèves, à leur retour en classe, l’urgence de raconter leur vécu lors du Grand confinement. Il s’est aussi inspiré d’un parcours déambulatoire sur lequel il avait travaillé dans un cadre universitaire. Quant à Danielle, elle cherchait des moyens de rejoindre un public adolescents alors que les salles de théâtre étaient fermées, et que les étudiants vivaient le yo-yo des cours en présentiel et de l’école à la maison.
Ce duo de création, appuyé de l’équipe du Théâtre Catapulte, est donc allé à la rencontre des élèves du Centre d’excellence artistique de l’Ontario à l’école secondaire publique De La Salle. À partir de là, le concept allait se peaufiner pour permettre au Théâtre Catapulte et ses partenaires d’accueillir les jeunes créateurs dans cet espace de création unique.
Vision artistique
Ce qui était primordial dans cette démarche était d’avoir accès à la parole des élèves et à ce qui les habitent, mais aussi de leur offrir une zone de liberté où se déployer, où oser expérimenter dans un contexte tout à fait nouveau pour la plupart d’entre eux. Les élèves de la concentration Écriture et création littéraire ont eu pour mandat d’écrire un texte inspiré d’un lieu de leur choix qui provoque chez eux une émotion certaine. Bien que libres de la forme que prendrait le texte, ils devaient toutefois tenir compte du fait que ce dernier serait destiné à être enregistré par leurs collègues de la Concentration théâtre et diffusé sous forme de balado. La contrainte était très large, et chaque élève a répondu à la commande avec brio et générosité!
Une fois les textes terminés, les élèves de la Concentration Théâtre ont apprivoisé le micro pour tenter l’expérience de l’interprétation pour oreilles seulement. Ils se sont prêtés à l’exercice et ont ajouté leur couleur toute personnelle aux textes de leurs collègues. Deux des textes ont été interprétés par les artistes collaborateurs Simon Lalande et Maxine Turcotte.
Étapes du processus de création
Voici les différentes étapes qui ont été suivies, depuis l’idée de départ jusqu’au résultat final:
1. Idéation et développement du concept
À cette étape, il a fallu prendre les décisions globales entourant la création, réfléchir aux thèmes généraux, à la forme, aux grands axes de l’échéancier ou en d’autres mots s’assurer que le concept puisse réalistement voir le jour, trouver la question à laquelle il faudra répondre.
2. Formation de l’équipe de création
Cette étape a été consacrée à trouver qui seraient les créateurs possédant l’expertise et le profil adéquat pour permettre à cette création de se concrétiser.
3. Processus d’écriture
Il a fallu ensuite présenter les contraintes d’écriture aux élèves. Pendant le développement de leurs textes, ils ont eu la chance d’avoir accès aux conseils d’un auteur professionnel qu’ils ont rencontré à quelques reprises. Les élèves ont eu un total de deux semaines intensives pour compléter leurs textes. Les auteurs des textes choisis ont aussi eu plus de temps pour retravailler certaines parties de leur texte avant qu’il ne soit interprété et enregistré.

4. Sélection des textes
Lorsque les textes ont été prêts, l’équipe de direction artistique a eu à prendre des décisions difficiles : ils ont sélectionné les textes et les extraits de texte qui seraient destinés à être enregistrés.
5. Interprétation
Une fois les textes prêts, ils ont été assignés à des élèves de la Concentration théâtre ainsi qu’à deux comédiens professionnels. Après une courte période de répétition, les textes ont été enregistrés dans un studio installé temporairement à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins.
6. Montage, mixage et création sonore
Les fichiers sonores ont été remis à un monteur qui en a assuré un découpage en 23 pistes distinctes. La musique et les éléments composant l’environnement sonore ont été ajoutés pour créer un tout cohérent.

7. Création des vidéos
En parallèle, de courtes vidéos ont été créées pour accompagner l’écoute sur la plateforme web. Elles ont pour objectif de s’inscrire en complémentarité avec l’univers des textes et d’offrir une signature visuelle à l’œuvre.
8. Création d’un site web
Pendant que toutes les étapes avançaient, un site web était créé pour héberger tout le contenu et présenter le résultat final sur une plate-forme agréable et simple à consulter et à partager.
9. Mise en ligne
Quand tous les éléments évoqués plus haut ont été complétés, révisés et polis, ils ont été mis en ligne et lancés dans le vaste monde d’Internet, disponible gratuitement, pour tous.
La forme
On pourrait se poser la question : pourquoi donc un balado? Comme mentionné plus haut, la pandémie a rendu très complexe la pratique du théâtre, un art vivant reposant sur la richesse d’un moment partagé dans un espace commun. Le théâtre est, dans son essence même, un art de rencontre, de proximité. Il fallait trouver autre chose, du moins le temps qu’on développe de nouvelles façons d’approcher la pratique en assurant la sécurité de tous.
Qu’entend-on par balado?
Mais avant d’aller plus loin, il est important de clarifier le sens et l’usage des termes suivants :
- Balado :
- Fichier audio ou vidéo destiné à être téléchargé via un fil RSS et lu ultérieurement sur un appareil mobile. Il est à noter que balado est un mot officiellement masculin.
- Baladodiffusion :
- Ce terme est utilisé pour désigner le moyen de diffusion, la technologie et non le fichier lui-même.
- Podcast :
- Équivalent anglais pour balado.
- Radio :
- La radio (AM ou FM) était traditionnellement transmise par ondes hertziennes captées par l’antenne d’un récepteur radio. Le mot radio peut à la fois évoquer le signal émis et le média.
- Radio numérique :
- Diffusée par internet, la radio numérique inclut à la fois le contenu diffusé en temps réel, mis à la disposition de l’auditoire pour consultation sur un site web ou encore en format téléchargeable (balado).
Comme on peut le remarquer, quand on parle de balado, on parle d’un moyen de diffusion mais pas d’un style ou d’une forme particulière. Il n’y a pas d’esthétique propre au balado ou de règle qui en régit le contenu. La liberté que ce moyen de diffusion octroie en fait un espace tout à fait compatible avec la création de contenus originaux.
La création audio
Contexte actuel
Vous l’avez sans doute observé, ces jours-ci les balados ont la cote! Cette tendance s’était doucement installée bien avant la pandémie, mais a atteint son apogée avec cette dernière. Qu’on parle de balado couvrant l’actualité, de longues entrevues, de contenu humoristique ou des fameux true crime (aussi nommés documentaires judiciaires), l’offre est vaste.
Les artistes ne boudent pas la tendance. En effet, on a observé de plus en plus le monde du théâtre «se réinventer» en utilisant les balados pour rejoindre leur public et continuer de faire rayonner leur création.
Voici quelques exemples de ces initiatives :
La scène nationale du son
Cette plateforme a été mise sur pied afin de permettre aux créateurs de théâtre de prolonger la vie de leurs créations en plein cœur de la pandémie, alors qu’il était impossible de réunir le public dans les salles de théâtre. La particularité de la Scène nationale du son est d’offrir une expérience d’écoute optimale et une production très léchée.
Découvrez le site web de la Scène nationale du son. Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
La série Théâtre à la carte de Ici OhDio
On y présente une série de captations de pièces de théâtre. Ces captations ont l’avantage de permettre la découverte de textes d’auteurs parfois moins connus du grand public.
Découvrez la série Théâtre à la carte de Ici OhDio. Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre.
Création audio : d’hier à aujourd’hui
Si le théâtre en balado est au goût du jour, il n’est pas d’hier que radio et théâtre font bon ménage.
Au début du XXème siècle, des années 1920 aux années 1950 plus précisément, les radio-théâtres étaient extrêmement populaires et constituaient un rendez-vous incontournable pour l’ensemble de la société. Avec l’arrivée de la télévision, le théâtre à la radio a perdu du galon, et tranquillement cette forme est devenue plus rare.
Si la télévision a éclipsé la tradition de diffuser de la fiction à la radio, il n’en reste pas moins que les créateurs ont continué à avoir recours à la création audio dans leur travail. On pense surtout ici à des créations hybrides où l’expérience théâtrale passe par une trame sonore, par exemple.
Olivier Choinière, auteur et metteur en scène québécois, a beaucoup travaillé sur des propositions alliant théâtre déambulatoire et expérience sonore, une façon de faire se rencontrer le théâtre et l’exploration urbaine. Le spectateur est invité à suivre un parcours prédéterminé tout en écoutant le texte qui évoque les lieux visités et y superpose un récit fictionnel ou librement inspiré de la réalité.
Certaines des déambulations créées par Choinière ont été rendues disponibles sur le site web de la compagnie de création(Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre) de ce dernier si jamais la curiosité vous emporte.
Qu’elle s’inscrive ou non dans un parcours déambulatoire, qu’elle soit inspirée ou non d’un lieu physique, l’œuvre audio comprends de très vastes possibilités permettant à l’art de faire la rencontre de son public, d’où son intérêt marqué dans un contexte où les contextes de créations et de rassemblements sont limités.
Apprendre à écouter: Parce qu’il faut voir avec les oreilles…
Approcher une œuvre de création audio se fait de la même façon qu’une œuvre de théâtre, ou une œuvre visuelle par exemple: il faut identifier les différents éléments la constituant, reconnaître les particularités de la forme et observer les différents choix faits par les artistes créateurs pour en dégager un sens et une compréhension globale.
Contexte d’écoute
Contrairement au théâtre où les paramètres physiques peuvent être déterminés grâce à la lumière ou la disposition des sièges par exemple, le contexte d’écoute d’un balado est beaucoup moins contrôlé. Afin de bien apprécier l’écoute et de profiter de l’expérience, il est important d’identifier quel est l’environnement idéal pour plonger dans une œuvre audio. Cet environnement idéal peut varier d’une personne à l’autre. Si certains ont besoin d’un calme complet, d'autres vont préférer écouter les balados en marchant, dans les transports en commun, dans un parc animé. Il est aussi intéressant d’observer comment la réception est affectée par les variations du contexte d’écoute. Cet aspect appartient à l’auditeur, c’est à lui de trouver sa propre recette gagnante.
Pistes d’analyse
Lorsque face à une fiction audio, il y a quelques éléments à prendre en considération au moment d’analyser l'œuvre. Ce sont ces éléments qui nous permettent de situer et de comprendre le lieu de la fiction, le ton, les caractéristiques des personnages, etc. Lorsqu’on discute de l’appréciation d’une œuvre de fiction audio, c’est de ces aspects dont on discute.
Le texte
Que ce soit par une description incluse dans une narration, par certains indices glissés dans un dialogue ou encore par le choix de lire une didascalie, le texte peut être un outil très efficace pour pallier le manque de repères visuels. Par exemple, dans un échange entre plusieurs personnages, le fait de nommer à qui on parle peut aider à mieux suivre le déroulement de l’action et mieux visualiser l’espace. C’est aussi à travers le texte que le cœur des thèmes est véhiculé et que l’action passe.
Les sons et la musique
Il y a certains endroits qu’on peut reconnaître les yeux fermés. Par exemple, on peut savoir qu’on se trouve à bord d’un autobus en entendant les messages enregistrés qui marquent les arrêts, le bruit du moteur et du mécanisme d’ouverture des portes. Les sons peuvent nous indiquer si on est à l’intérieur ou à l’extérieur, par exemple. La musique peut aussi servir à nous situer dans l’espace, par exemple la musique du carrousel pour une fête foraine. Mais surtout la musique est très efficace pour installer une atmosphère, pour évoquer une émotion, la nostalgie ou la joie, entre autres.
Les effets (échos, distorsions)
Un effet d’écho peut rapidement évoquer une église ou un lieu très vaste et vide. La friture juxtaposée à la voix peut quant à elle évoquer une conversation téléphonique. Les effets peuvent aider à définir l’espace, mais dans certains cas peuvent aussi contribuer à créer la signature auditive de certains personnages, on peut ici penser à un extra-terrestre à la voix anormalement aiguë.
L’interprétation
En utilisant les outils à sa disposition, l’interprète peut arriver à communiquer quelques indices sur le lieu où se déroule l’action ou encore sur le personnage et l’action. En jouant de sa voix, en changeant de rythme, en appuyant sa respiration, il peut évoquer le ton de la confidence, caractériser un personnage plus vieux ou plus jeune. En s’éloignant du micro il peut créer l’effet d’un éloignement dans l’espace. La diction et le niveau de langue adoptés par l’interprète peut nous donner des informations supplémentaires sur l’action et les personnages.
En portant attention à tous ces éléments, on peut bâtir une analyse solide de l'œuvre, et tirer une compréhension plus profonde du discours de l’artiste. En développant leurs aptitudes d’écoute, les élèves pourront arriver à discuter plus confortablement de leurs préférences et de ce qu’ils retirent de ce qu’ils choisissent d’écouter.
Les intervenants et l’équipe de création
Une des particularités de Demain, j’étais ici c’est que bien que le projet ait été conçu et développé par le Théâtre Catapulte et ses artistes collaborateurs la parole a été donnée aux élèves, ce sont eux qui ont choisi leur sujet, qui l’ont développé et qui en ont approfondi la forme. Cette création est le fruit de leur imagination, de leur travail, de leur sensibilité. Pour les adultes qui écoutent Demain, j’étais ici, c’est une porte ouverte sur une époque, sur une génération qui sera appelée d’ici quelques années à prendre d’importantes décisions. Pour les adolescents à l’écoute, c’est une occasion de se positionner, de se questionner, d’évaluer jusqu’à quel point ils se reconnaissent dans les préoccupations évoquées.
Voici la liste des créateurs qui ont donné vie à Demain, j’étais ici.
Auteurs et autrices
Petite visite chez les créateurs
Demain, j’étais ici est une création qui a été portée par les élèves. Les artistes professionnels gravitant autour, les guidant, les aidant et les questionnant, ont eu comme préoccupation principale de laisser la parole des jeunes la plus libre possible, de laisser leur individualité et leurs préoccupations s’exprimer. Il tombait donc sous le sens, d’interroger ces jeunes créateurs afin de connaître leurs réflexions et impressions du processus auquel ils ont pris part.

Benjamin Lévesque Kinder, élève de la concentration Écriture et création littéraire, et Dana Leclerc, élève de la concentration Théâtre, ont tous les deux gentiment accepté de partager comment ils ont abordé le travail et ce qu’ils en ont retenu.
Benjamin a participé à la création de Demain, j’étais ici à titre d’auteur. Élève de la concentration Écriture et création littéraire, il a toujours été intéressé par l’acte d’écrire, par la langue française. Si son rêve d’enfance était de devenir écrivain, avec le temps ce désir s’est précisé. Ce qui le passionne désormais est de transmettre une histoire, de la construire. Il s’intéresse plus largement au cinéma, à l’écriture scénaristique et au montage, entre autres.
Il a abordé le projet de Demain, j’étais ici comme une histoire à raconter et a utilisé les contraintes imposées comme un moteur et non comme une limite. Il est de ceux que les contraintes stimulent, nourrissent la créativité. Le processus d’écriture s’est bien déroulé pour lui et lui a permis de vivre sa première expérience de collaboration avec un conseiller dramaturgique. Les rencontres qu’il a eues avec l’auteur professionnel Louis-Philippe Roy lui ont permis d’avoir sur son texte un regard neuf, frais. Tout le processus d’écriture, du lieu qu’il a choisi comme inspiration première aux thèmes abordés, a été affecté par la grisaille ambiante de la pandémie. Benjamin, face à l’acte d’écriture, ne se sentait pas d’humeur à traiter d’enjeux légers ou frivoles. Il a choisi son sujet pour le potentiel qu’il offrait d’aller en zone plus profonde, de toucher à une facette plus sombre de l’humanité.
Pour la création de ses personnages, il a utilisé un procédé présenté par son enseignant, monsieur Jonathan Desrosiers, qu’il nomme «l’avatar de soi». Ce procédé consiste à prendre des traits de soi-même ou d’êtres de son entourage et de les exagérer. Il a utilisé, par exemple, certains aspects de sa relation avec son père qu’il a déformés, agrandis, pour définir et caractériser les personnages de son texte. Pendant l’écriture, il s’est amusé avec les possibilités qu’offrent la narration en intégrant des sauts dans le temps et en jouant avec différents niveaux de langue.
Au moment de l’entretien, Benjamin n’avait pas encore eu la chance d’entendre le résultat final. Il s’est dit fébrile et curieux d’entendre comment ses collègues de l’option théâtre allaient avoir interprété son texte.
Si Benjamin a participé à la portion écriture du projet, Dana, elle, est arrivée plus tard dans le processus, au moment d’interpréter les textes. Si pour cette élève de la concentration Théâtre la scène est son habitat naturel, elle n’en est pas moins une habituée du microphone. Ayant déjà fait de la radio et travaillé la création audio pour un projet scolaire, elle n’a pas été intimidée par le travail au micro et l’enregistrement. Au contraire, elle a plongé tête première dans l’expérience et en a profité pour s’amuser à travailler à partir de l’outil principal à sa disposition: la voix.

Elle a particulièrement apprécié avoir la chance d’utiliser comme matériau les textes de ses collègues de la concentration écriture et création littéraire. Pour elle, cette collaboration était un mariage naturel et elle a été ravie de découvrir leur travail et l’étendue de leur talent. Bien entendu, c’est la pandémie de Covid-19 qui aura fait se rencontrer à nouveau de façon accrue théâtre et art radiophonique, mais selon Dana, c’est un ajout, une nouvelle porte qui s’ouvre et qui risque de demeurer une option empruntée régulièrement par les créateurs, même lorsque toutes mesures sanitaires seront levées. Elle note qu’il s’agit d’une voie de contact supplémentaire entre les œuvres et le public. Et si le théâtre est dans son essence une forme éphémère, les versions audio permettent de laisser une trace pérenne de l'œuvre. Dana souligne aussi avec justesse, que la pandémie n’a pas fini de laisser des traces sur la santé physique et mentale. Le confinement et la peur qu’aura générée le virus ont exacerbé chez plusieurs une anxiété sociale. Les options comme le théâtre en balado, les captations et autres formes à fréquenter à la maison, à son rythme, peuvent être des outils au service de l'accessibilité à la culture, et ce, bien au-delà du contexte pandémique actuel.
Dana n’avait pas non plus fait l’écoute du résultat final au moment de l’entrevue. Comme chaque interprète a finalement travaillé le texte qui lui était assigné de façon individuelle, elle a très hâte de découvrir comment les autres ont abordé le travail, quels sont les choix d’interprétation qu’ils ont fait. C’est aussi avec fébrilité qu’elle ira à la rencontre de cette création de groupe à laquelle elle a ajouté un peu d’elle-même.
Demain, j’étais ici restera une trace de cette année marquante et éprouvante pour tous ainsi qu’une prise de parole de ces jeunes créateurs nous faisant cadeau de leur imaginaire et de ce qu’ils sont et deviennent.
Un merci chaleureux à Benjamin et Dana pour leur généreuse collaboration!
Pour entendre le texte de Benjamin et la voix de Dana, écoutez la piste Les invisibles dans la Zone verte.
Activités
Activité 1: Les lieux que j’habite, les lieux qui m’habitent
Dans Demain, j’étais ici, chaque texte est inspiré d’un lieu qui revêt une importance particulière dans la vie de l’auteur. L’activité proposée ici est d’écrire à son tour un texte en utilisant une source d’inspiration extérieure.
Identifier un lieu dans sa ville, ou dans son quartier, qui est rattaché à un souvenir, ou un lieu qu’on trouve intriguant, intéressant. L’important c’est que ce lieu inspire, peu importe la raison.
Inventer ou choisir un personnage lié à ce lieu. Par exemple, si le lieu choisi est une maison, on pourrait choisir la personne qui vit dans cette maison, quelqu’un qui y a vécu, le facteur qui y passe chaque jour, un animal de compagnie témoin des activités de la maison. Les possibilités sont innombrables. Ce personnage servira plus tard de narrateur.
Afin de préciser les différentes facettes du personnage, remplir la fiche de caractérisation.
Fiche de caractérisation de personnage
NOM :
ÂGE
LIEN AVEC LE LIEU CHOISI :
PROFESSION OU OCCUPATION PRINCIPALE :
INTÉRÊT(S), PASSION(S) OU OBSESSION(S) :
COURTE DESCRIPTION DE LA PERSONNALITÉ (2 PHRASES MAXIMUM) :
En gardant en tête la nature du personnage, écrire un monologue où le personnage raconte une histoire qu’il a vécue ou dont il a été témoin et qui le rattache au lieu. La longueur du monologue peut varier, mais devrait contenir au moins 600 caractères. Il est à noter que les histoires peuvent être complètement ou partiellement fictives. Elles peuvent aussi être largement inspirées d’histoires réelles.
Les histoires peuvent être lues à haute voix devant un groupe ou enregistrées selon les moyens techniques. Cette étape est facultative.
Activité 2 : L’écoute active
Développer une pensée et un discours critiques en écoutant des objets de créations audio, ça s’apprend! Voici deux variations d’un exercice d’écoute qui permettront d’identifier et de nommer les différentes composantes d’une œuvre audio. Il est aussi suggéré d’expérimenter différents contextes d’écoute et de noter les impacts sur la réception.
Faites l’écoute du premier épisode du balado Ne pas écouter la nuitLe lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Notez tous les indices sonores permettant de reconnaître le lieu, de caractériser le personnage ou de définir l’atmosphère. Puis identifiez à quelle catégorie les indices appartiennent : texte, son/musique, effets, interprétation.
OU
Faites l’écoute d’extraits de ces trois balados et comparez-les. Observez le texte, l’interprétation et la musique. Identifiez vos réactions, les émotions vécues. Notez votre position par rapport à l’action : étiez-vous impliqué, sollicité, actif, passif? Quelles sont vos impressions générales et à quels aspects de la production les attribuez-vous?
L’Académie des Cascades du Quotidien : un balado-théâtre dont vous êtes le héros Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Antoine Côté-Legault
Néon Boréal Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Louis-Philippe Roy et Josianne T. Lavoie
Aalaapi Le lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Marie-Laurence Rancourt et Daniel Capeille